dimanche 8 mars 2020

Bûchers culturels

"Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison."
Simone de Beauvoir*



Art Shay, Simone de Beauvoir, 1952 - Sandro Miller, John Malkovitch, Art Shay (1950), 2014[Illus. 1]




L'absence de conformisme - Une femme libre qui n'est pas hérissée par l'oeil du photographe, par l'oeil du voyeur, par l'oeil d'homme, par l'oeil de l'opinion. Une femme libérée du conformisme, quel meilleur exemple à donner ? 
"Du vivant de Beauvoir, ces photos n'ont jamais été tirées, et Art Shay n'a jamais eu l'occasion de demander à la philosophe son autorisation de diffuser son postérieur. Mais il donne une image très libérale de Beauvoir en 1952 : "Elle a pris une douche. J'avais 27 ans, elle en avait 39. J'ai pris mon appareil photo avec moi comme d'habitude. Je me suis approché de la salle de bains, et comme elle avait laissé la porte ouverte, je l'ai aperçue. Elle a entendu le déclic de l'appareil photo et je l'ai entendue dire : "Ah le vilain garçon !" (..) elle a haussé les épaules (...) une femme très jolie et photogénique."[1]
Le contexte sexiste de sa première révélation en 2008 tient au fait des retouches esthétisante, en place de la laisser à sa vérité dans la simplicité, bientôt vingt ans que ce cliché est entré de plain pied dans l'histoire du féminisme, quel mal à admirer le côté nature, joli et photogénique, d'une philosophe ? Pas de quoi s'offusquer.
"Au Nouvel Observateur, le directeur adjoint de la rédaction, Michel Labro, ne comprend pas cette virulence : "Cette image illustre bien notre dossier qui montre le côté subversif, non conformiste, du personnage. Cela n'a rien de gratuit. Si on voulait faire du racolage, on ne ferait pas un dossier sur Simone de Beauvoir !" Sauf que le magazine a alimenté la critique, en retouchant l'image de façon à atténuer les bourrelets. "Il ne faut pas exagérer, on n'a pas fait un lifting ! On a un peu atténué les contrastes qui faisaient bizarre au niveau de ses jambes", se défend M. Labro."
[2]
A plusieurs reprises, j'ai rencontré des profils inquisiteurs qui n'avaient de cesse de propager la rumeur d'"affection pour les enfants" / "philia" contre Simone de Beauvoir.

Mélangées sans distinction sa vie privée de rapports amoureux bisexuels et sa signature à la pétition de demande de mettre au même âge les relations sexuelles des jeunes homosexuels et hétérosexuels, censée desserrer la cage familiale bourgeoise pour l'adolescence, c'est à dire à 15 ans. Cette mise à niveau égal fût fait en 1982 par la loi qui également abrogea celles de Vichy de pénalisation des homosexuels. 

Il nous revient aussi de remettre à leur place les diffamateurs et démontrer la calomnie car cela tient de l'ordre de l'honneur intellectuel.

A - Bianca, élève puis amie jusqu'à son décès, déçue, après qu'elle prenne connaissance de correspondances privées de Beauvoir parlant lestement (certes peu agréable pour les tiers), posthumes, s'y compare physiquement à elle, en la disant mal "foutue" (je ne sais plus à quelle page)...
[3]
"C’est au cours de ce voyage que nous avons commencé, encore timidement, à avoir des relations physiques » (p. 42)” Mémoires d’une jeune fille dérangée, essai autobiographique de Bianca Lamblin (née en 1921) de sa relation avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre publié en 1993
Vous pouvez voir la confirmation de cela  et sur le rapport socratique de l'enseignement,
D’autre part, Beauvoir ne draguait pas les élèves, mais ne leur refusait pas son amitié : c’est seulement à partir de mars 1938 que, Bianca lui ayant écrit une lettre, Beauvoir commença à la voir en dehors des cours. Et même là, la relation fut d’abord purement amicale, puis, après que Bianca eut passé son bac, Beauvoir lui proposa quelques jours de randonnée dans le Morvan"[4]
Bianca Bienenfeld et Simone de Beauvoir, 1938
Photo de classe 
B - Quant à la prétendue seconde affaire de détournement de mineure, renvoyée du lycée Molière suite à sa liaison avec Bianca Bienenfeld, puis à nouveau suspendue en juin 1943 de l’Éducation nationale à la suite d’une plainte pour "incitation de mineure à la débauche.

La seconde déposée en décembre 1941 par la mère de Nathalie Sorokine, elle sera réintégrée à la Libération". Bianca n’évoque pas cette affaire qu'elle n'a pu ignorer, c'est qu'il n'y avait rien à en dire de répréhensible sinon elle l'aurait signalé car elle avait une sérieuse dent contre Beauvoir ! N’est-ce pas une erreur de l’article de Wikipédia ? Dans La force de l’âge, autobiographique, Beauvoir n’évoque que la seconde affaire,
'La mère de Lise, furieuse que sa fille eût laissé échapper un parti avantageux et qu’elle vécût avec Bourla, m’enjoignit d’user de mon influence pour la renvoyer à son premier amoureux ; sur mon refus, elle m’accusa de détournement de mineure. Avant-guerre, l’affaire n’eût pas eu de suite ; avec la clique d’Abel Bonnard, il en alla autrement ; à la fin de l’année scolaire, la directrice au menton bleu me signifia que j’étais exclue de l’Université. » (Note : « Je m’y fis réintégrer à la Libération. Mais je ne revins pas à l’enseignement » (p. 617)."
Je désapprouve toute relation socratique au sens pédérastique -enseignement mêlé de sexe, afin de créer un attachement soumis au maître, une subjugation* que je nomme aussi séducation*), il parait bien douteux et calomnieux qu'elle puisse être répertoriée en pédéraste pédocriminelle, comme le "hurle" certains qui nous cassent les oreilles.

Louise Védrine a bien confirmé qu'il s'agissait d'une liaison une fois le baccalauréat en poche, n'a pas fait mention d'autres non plus en soulignant qu'elle ne draguait pas les élèves. De plus, lisez son livre et vous y verrez qu'elle n'a nullement était racolée, et que sa liaison avec Sartre a commencé après celle avec Beauvoir.


Bianca Bienenfeld Lamblin / Alias Louise Védrine
En tout cas, pas de plaintes déposées -étonnant pour l'époque- hors une, qui lui valut la porte, et elle resta en poste de longues années, alors que les inspecteurs de l'époque n'avaient pas grande mansuétude. En tout cas, aucune espèce de tolérance aux liaisons amoureuses dans les établissements, qui plus est de la part de professeurs et encore plus de la part d'une agrégée... La précision est utile, et cela ne sert pas à grand chose de calomnier les mortes- Son dossier est facile à consulter.  Les données factuelles sur le professorat de Beauvoir scrutée au plus près, 
"professeur à l’Education nationale où elle enseigna de 1929 à 1943 la philosophie, la littérature, le grec et le latin et assura la préparation au concours de l’Ecole normale de filles de Sèvres, celle de la rue d’Ulm à Paris étant réservée aux garçons. Son dossier de carrière en retrace le parcours. Les notes qui suivent se réfèrent au dossier de carrière... et contient tous les éléments concernant ses différentes nominations, les rapports pédagogiques d’inspection, pas moins de douze en treize ans, les rapports des chefs d’établissements, les propositions de promotion, les adresses des nombreux hôtels où elle vivait, et enfin les pièces de l’affaire qui mit un terme à sa carrière d’enseignante, « l’affaire Sorokine »." Danièle Fleury, La brève carrière d’un jeune professeur « très au-dessus du commun » Les Temps Modernes 2009/3 (n° 654), Gallimard[5]
- S'il est vrai qu'elle avait séduit, ou une autre avant le baccalauréat, cette élève de 17 ans, Bianca (Bienenfeld puis ép. Lamblin / pseudo Védrine), cela serait resté de mon point de vue inacceptable. L'emprise de l'abus de pouvoir de double autorité n'est pas tolérable par un enseignant-

D'autant que cela, en cas d'absences de plaintes enquêtées ou de condamnations, relève de poursuites.

La critique de Marie Jo Bonnet sur son silence à propos de ses épisodes lesbiens sont tout à fait d'un autre ordre, puisqu'elle pointe que Beauvoir ne considère pas la sexualité lesbienne séparatiste comme politique. Ce qui n'est pas de l'ordre de la calomnie ou de la rumeur, comme certains posts indigents.

Simone de Beauvoir, Une femme actuelle de Dominique Gros[6]
Et en plus elle buvait ;)


  • A quoi sert la culture de la censure culturelle / cancel culture
 L'Amérique dont Juliette peut avoir peur.  D'un côté, cela s'assouplit,
"une nouvelle loi est entrée en vigueur en 2006 en Géorgie, appelée la loi « Roméo et Juliette », qui prévoit qu’un mineur accusé de rapports sexuels avec une partenaire consentante ne peut être sanctionné aussi sévèrement."[7]
Une autre faction se lève, Shakespeare mis à l'index dans une université "d'être trop" par des militantes de l'afroféminisme (intersectionnel) et les queers : trop blanc, trop hétéro, trop gondolé... Années 1990, prend elle son essor ?[8]

Cela rappelle au Québec récemment SLAV empêché sans demander pourtant leur avis aux Slaves ou à la chanteuse.[9]

Achronique* / Anarchie temporelle - Ou à La Sorbonne, les CRAN et PIR faisant chorus contre les masques bronze foncé de la tradition antique des Suppliantes d'Eschyle décrétés "black faces" de racisme colonial, en toute ignorance des codes antiques. Tant d'inculture de l'antique chez l'étudiant, de quoi frémir.[10]

Et à Pleyel, les César à peine achevés à coups de savates. Deuxième acte, chronique "césarienne" sur la "dénomination" de Roman Polanski en SAF Absentes titanides MAJ[11]

A voir les oeuvres et les auteurs ciblés, cela sent plutôt fort l'antisémitisme, l'antiféminisme et l'antilaïcisme.

Cancel culture à l'américaine, à prétendre faire taire nos plus grands créatrices, si elles ne sont pas certifiées féministes par queers du STRASS et du PIR ? Je viens de lire le blog d'une new-yorkaise désolée par ces nouvelles vagues totalitaires. On ne peut qu'acquiescer aux néoféministes de la deuxième vague de ne pas faire partie du post féminisme puritain. Richesse, origine, le complotisme pointe son sale museau.
"L'ivresse de destruction des idoles ne fait pas partie de mon féminisme."[12]
A rappeler brièvement, puisque Hachette ne veut plus publier les mémoires de Woody Allen, bien que blanchi deux fois et par un enquête de la Justice américaine de 14 moi, et son fils Moses Amadeus précis sur l'évènement constamment ressorti par son frère Ronan, militant ILGA.[13]

Tout ceci me confirme une réponse possible à la question de pourquoi les cas de ces célébrités sont montées en épingle, alors que l'on ne devrait pas les connaître plus que cela, et médiatisés à outrance ; les plus suivis créent un camp d'anti qui, pourtant par ailleurs gens bienveillants, ou recherchant la justice.

Appréciant leurs grands films, les accusations de certains cyberactivistes ont provoqué en eux une dissonance cognitive chez les personnes, les ont bouleversées, ce qui les fait tomber dans le camp des anti. C’est la raison du succès sur lequel misent les instigateurs. Moins la cible peut se défendre mieux vaut et plus la dynamique et l'impact en est fort sur l'opinion. C'est l’observation des réponses et des profils des plus acharnés à me rabaisser de toujours revenir sur les faits établis et non pas gonflés ou au contraire incomplets qui m'y a mené, grâce à la méthode ethnographique de consigner tout sans rien retrancher qui m’a permis de parvenir à cette hypothèse.

Les avocates féministes, au pénal sont toutes bien au courant de comment se protègent des victimes de violences féminicides, ont mis 114 points sur les "i" à ce sujet de ce que rompre en miettes tous les droits de la défense met en pièces. Il faut bien comprendre que cela se retournera inévitablement contre les plaignantes, qui n'ont pas toujours les preuves suffisantes, et sans témoins directs, plus le temps passant, déjà que menues s'amenuisant. 
"Une inquiétante présomption de culpabilité s’invite trop souvent en matière d’infractions sexuelles"[14]
Les principes de droit étreignent la cité entière et ne s'éteignent pas en même temps que l'on sort du tribunal. A peu près tous ceux fondamentaux sont battus en brèche par la délation publique.

Stop it ! Ceci me fait revenir en sellette toute cette montée de campagne exemplaire sur célébrités orchestrée toujours des US par le féminisme américain d'imposer l'imprescriptibilité au droit français. Passé un certain temps, plus aucune preuve n'est possible et témoignages vérifiables, pas plus trompeur que la mémoire des témoins.

Fonder une justice sur la rétroactivité bafoué du droit, oh combien fondamentale, le témoignage fluctuant et la mémoire défaillante, rien de plus injuste au fond car la plaignante est sure de perdre son procès. Et toujours et encore comme en SAP (Syndrome d'aliénation parental) du psychologue masculiniste notoire québécois, la danse du scalp de la psychanalyse n'est pas loin de nos têtes échevelées...[15]

Mais surtout, cette mise en suspens appuiera aussi sur sa vie. L'on doit pouvoir cicatriser vite et bien et non pas rester soumise à son agresseur ad vitam aeternam. Nous ne leur appartenons pas. Ni à l'agresseur, ni à l'agression.

Christine Gamita, Ph. D. Ethnologie

Anthropologie sociale et culturelle, spécialisation en rituel pyrobate, anthropologie visuelle et sonore - ex-ingé informatique management qualité systèmes d'information et systèmes informatiques

  • Notes de bas de page






[6] Documentaire, Simone de Beauvoir, Une femme actuelle de Dominique Gros https://www.youtube.com/watch?v=wt2o8pUfHfA

[7] https://www.un.org/french/pubs/chronique/2007/numero3/0307p58.html

[8Fontanieu Pierre. Edward Behr. Une Amérique qui fait peur. In: Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique. N°50, 1996. pp. 85-87 https://www.persee[8].fr/doc/chris_0753-2776_1996_num_50_1_1885_t1_0085_0000_1



[11SAF Absentes titanides MAJ Chronique “césarienne" https://susaufeminicides.blogspot.com/2017/01/absentes-titanides.html




  • Crédit illustrations

  • Fondamentaux ethnoblog SAF
¿Androcides? http://susaufeminicides.blogspot.fr/p/androcides.html
¡Féminicides! http://susaufeminicides.blogspot.fr/2011/11/feminicides-definis.htmStatut d'avenir http://susaufeminicides.blogspot.fr/2013/08/salon-de-demoiselles.html
Cartographie katogynique http://susaufeminicides.blogspot.fr/p/cest-de-la-carte-tentative-darticle.html
Chiffres, estimations et recensement http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/01/combien.html

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