Fiche synthétique
Point démographique en 14/18
| George Grantham Bain, Collection/Library of Congress, Porte de Jaffa à Jérusalem, début 20e - à partir de 1915 |
Les articles en rafales sur l'Eurovision en Israël attirèrent mon attention sur la démographie de cette ville (disséquée en religions au mépris des irreligieux -athées, agnostiques et apostats-). J'effectuai alors de rapides recherches sur Hélène d'Adiabène et les possessions françaises, qui me menèrent à la constitution de cette fiche.
Sur le cliché centenaire ci-dessus, l'on peut remarquer au premier plan, à gauche un fez turc musulman, à droite, un chapeau et ses papillotes juives. Raccourci de l'époque qui voit, au fond, la foule variée de toutes origines immigrées. Les Juifs, pour certains de culture austro-hongroise et russe, adoptent le générique arabe sans s'apercevoir que cet amalgame devient une épine qui ne cesse de grandir.
Selon "Alan Dowty de l’université de Notre-Dame : L'arrivée massive de colons européens, même en petit nombre, incita le gouvernement ottoman à accroître la domination musulmane au sein de la population. Le sultan acquit des terres à son nom et y fit installer des colons musulmans venus de régions aussi diverses que l'Algérie, l'Égypte, la Bosnie et le Caucase. Si la situation devait dégénérer en guerre démographique, les Turcs n'allaient pas perdre par défaut. Contrairement aux immigrants juifs, perçus comme des étrangers et facilement identifiables comme non-musulmans, les Égyptiens et autres ressortissants du Moyen-Orient étaient accueillis favorablement pour leur contribution à l'augmentation de la population musulmane.. "
"Toujours en 1934, le gouverneur de Hauran, Tewfik Bey El-Huriani, confirmait ce chiffre, estimant que 30 000 à 36 000 Haurani s'étaient récemment installés en Palestine. Avneri constatait que "pendant la période du Mandat, le pays [c'est-à-dire la Palestine] avait accueilli 100 000 immigrants arabes, en situation régulière ou irrégulière, ainsi que leurs descendants". En 1936, le journaliste américain de gauche Albert Viton rapportait que « non seulement l’Arabie palestinienne s’est enrichie grâce à l’immigration juive, mais la Palestine est devenue un pôle d’attraction pour tout le Proche-Orient. Des dizaines de milliers d’Arabes y entrent illégalement chaque année en quête de travail." Dans un rapport de 1948 sur la Palestine mandataire, le futur sénateur américain Robert F. Kennedy (qui serait assassiné vingt ans plus tard par un Palestinien) abondait dans ce sens : "Les Juifs se vantent que plus de 500 000 Arabes, entre 1932 et 1944, sont venus en Palestine pour profiter de conditions de vie uniques au monde." https://www.danielpipes.org/22256/a-muslim-aliyah-paralleled-the-jewish-aliyah
Ainsi par la suite, les rapports militaires britanniques se bousculent à oblitérer tous grâce au gentilé d'Arabes sur toutes les ex-colonies tuques, tant d'Afrique du Nord que d'Asie. Un nombre important d'ethnies différentes, parfois islamisées, reste la caractéristique de cette région et de cette capitale, où les Turcs et autres musulmans bras ouverts à leurs coreligionnaires de tous pays, dont arabes quelques-uns. Cela pour dire que les auteurs gardent la fâcheuse routine d'orientalisme germano-anglais d'intervertir les musulmans devenus d'office des Arabes ; ce qui affaiblit et efface les différents peuples, en premier juif.
Agglomérer par facilité apparente en Arabe ne mène pas toujours au succès. Cette pratique vient des grands empires germains, qui ne se pensaient pas se trouver à la merci du peuple qu'il créaient ainsi de toutes pièces -en croissance démographique plus rapide qu'eux- et se constituant finalement en bloc de contradictions dangereuses. Faisant fi, en l'occurrence, de la maxime de diviser pour régner, épuisant les divisions culturelles qui leur l'auraient permis.
Qu'en était-il réellement, il y a centaine d'années à Jérusalem ?
Qu'est-ce qu'il se parle entre hiérosolomytains ? Si les tribus arabes s'unifient à compter du VIIème siècle sous la bannière de Mahomet, c'est aussi là que la langue arabe va s'écrire et se former en langue littérale ou classique, qui n'est ni parlée, ni lue et écrite par Jérusalem au moment de la victoire de la Triple entente (France, Italie, Royaume-Uni et ses dominions), à quelques exceptions près. Au quotidien, en parallèle les unes des autres, des langues dialectales distinctes de la langue dialectale véhiculaire syriolibanaise, ou levantin, hébreu religieux et moderne, yiddish d'Europe, d'Afrique du Nord, judéo arabes, romaniote, judéo espagnol (Espagne, Portugal, ladino), kurde, arménien, tcherkès et ainsi de suite. Des langues distinctes sont globalement et sans preuves mises en fourre tout au crédit arabe par les diplomaties allemandes, anglaises puis russes.
Début XXème, l'éveil arabe du Hedjaz musclé dès 1912 par le soutien de l'Empire anglican constitue une réaction face à l'administration turque du Califat, et le lexique turc de même y laisse des traces, partiellement affaibli par la graphie arabe qui ne peut bien transcrire tous les sons ouralo altaïques du turc.
Tout le monde aura remarqué qu'aucune tribu arabe n'est précisément originaire de ces sandjaks de Jérusalem & alii. Peut-être cela a-t-il été une des raisons de l'absence de recensement de "ces étrangers" arabes par les Turcs qui ne considéraient arabe que sa colonie du Hedjaz avec La Mecque et sa langue arabe classique. De plus, les considérant en fauteurs de troubles impénitents, pilleurs en ghazzu*, refusant culturellement la notion de propriété foncière.
La souveraineté arabe du 7ème siècle a disparu écrasée et ses populations en 969 par les berbérochiites. L'estimation d'une trentaine de milliers d'Arabes bédouins dispersés sur l'ensemble des sandjaks d'Acre, Jérusalem et Gaza est relevé dans les recensements. Ainsi qu'une dizaine de milliers de clans arabes et, précisément à Jérusalem en 1920/22, plus d'un millier de notables arabes, descendance des clans qui furent installés depuis le sultan kurde Saladin (1187). Nous avons donc plus loin décrit nos modes d'estimation et incorporé un tableau de répartition des clans arabes. La distribution des quartiers montre qu'un quartier arabe se distingue d'un quartier musulman, qui abrite d'autres populations islamisés non arabes. Probablement, l'Empire français dans le même sillon que les cousins victoriens (William, Georges, Nicolas) n'a pas compris la difficulté puisque l'Afrique du Nord souffre du même travers d'Arabe à Beur, notamment concernant des peuples berbères.
"Il est à noter que le terme Arabo-Swahili (Arabe à l'époque) renvoie généralement à des bantous musulmans originaires de Zanzibar, plus rarement à des métis arabes ou indiens[2]. Un usage équivalent, assimilant « arabe » à « musulman », subsiste notamment aussi sur l'île de La Réunion, où les Indiens musulmans sont généralement appelés « zarabes »." https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagnes_de_l%27%C3%89tat_ind%C3%A9pendant_du_Congo_contre_les_Arabo-Swahilis
Pluriethnicité des mahallahs - Sur des sources primaires et données fiables (1517–1917), distinguant les recensements administratifs ottomans, les rapports de consuls européens, les récits de voyageurs, et les statistiques religieuses des missions, l'on peut distinguer nombres d'ethnies et peuples présents, Arabes (Hejazi, Bédouins, tribus notables), Arméniens, Bosniaques, Bulgares, Circassiens (Tcherkesses /Caucasiens), Druzes, Egyptiens, Juifs (ashkénazes, séfarades et mizrahim, Samaritains), Kurdes, Libanais (dont Metawalis (Metawileh)), Somalis, Soudanais, Bahá’ís, Syriens, Turcs, Turkmène et quelques autres migrants très minoritaires d’Asie du Sud-Est, Afrique sub-saharienne ou autres zones.
Refus turc de l'éveil du nationalisme arabe (négation de la turquisation)
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À partir du XIXe siècle, avec le nahda (renaissance culturelle arabe) et la poussée nationaliste en Syrie et au Hidjaz :
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Des Arabes revendiquent relever d'une nation propre, linguistique, historique et ethnique
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Les Ottomans y répondent par une turquisation croissante, en particulier après 1908 (CUP / Jeunes-Turcs). Ex. : Sharif Hussein (Chérif de La Mecque), père d'Abdallah et Fayçal, revendique l’unité arabe dès 1915 -refus catégorique de la Sublime Porte
L'Empire ottoman n'enregistra jamais les Arabes en ethnie distincte (et pour cause, elle n'en pas les caractéristiques), du fait également de l'Ummah. La méthode des millets ne discrimine que les groupes religieux -ex-dhimmis chrétiens, juifs, dont des Arabes-, millet musulman au sommet
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Les tribus bédouines arabes de la région de Jérusalem et Beersheba n’étaient pas recensées dans les catégories "musulmans"
Le recensement par millet n’intégrait que les populations sédentaires fiscalement enregistrées
Le nomadisme arabe implique que celui-ci n'est pas propriétaire et n'est pas forcément originaire de la région géographique palestinienne
Les Arabes chrétiens peut être plus recensés par leurs églises
Nulle part de recensement d'Arabes polythéistes

