Ma modeste micro fusée sera lancée de l’étonnant Monument-Maison du Parti, typique soucoupe de style dit « gothique socialiste ». Eclairant et s’interrogeant sur les Mathilda architectes stoppées en plein vol par « le » plafond qui les garde dans son ombre ?
Au Mont Eglantine – Fin des années soixante lors d’une excursion scolaire à Chipka et son monument-mémorial (bulg. Паметникът « Шипка« , en l’honneur des volontaires levés par le tsar Alexandre II contre l’occupant ottoman, tant chantés par le poète…), j’avais découvert le kisselo mlyako (« lait aigre » au Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus) de bufflone.
Yaourt, yoghourt, lait fermenté bien particulier à nul autre pareil, connu pour ses vertus digestives ; pour cela, cantines scolaires et hospitalières bulgares ne juraient que par lui à la livre.
« L’est » politique, le probiotique – Au XVIe, les coliques de François 1er soigné au yaourt de brebis à l’ottomane.
Je recommande la marmelade de gratte-culs, chipkov marmelad, divine invention que ne désavouerait pas Ronsard. Mais je m’égare en gastronomie balkanique dans mon introduction, alors que j’étais partie à chanter pouilles au « sexisme architectural » !
Comme quoi par le ventre, on vient à tout
Au pied de l’art pompier, « L’artiste » pas triste qui faisait le comique à l’armée et la mémorable Séraphine
Me voilà donc ramenée, cinquante ans i kosur passées, dans la patrie révolutionnaire de Hadji Dimitar, toute ébahie et stupéfaite, par I feel good, Dujardin et Moreau étalée sur l’écran de l’excellent cinéma de Montreuil à l’origine de ce billet.
On s’y serait cru à Buzludja tellement il faisait frisquet dans la salle mais sans refroidir en rien mon enthousiasme réchauffant ma mémoire qui ne cesse de mouliner depuis.
« à 1 441 m d’altitude. En 1868, ce fut le lieu de la dernière bataille entre les Bulgares (menés par les rebelles Hadji Dimitar et Stefan Karadzha) et les Turcs. (…) ce bâtiment a mobilisé pendant sept ans plus de 6 000 travailleurs dont 20 célèbres peintres et sculpteurs bulgares qui ont travaillé pendant 18 mois à la décoration intérieure. »
Effacer et détruire ne fait que tuer la mémoire historique et permettre que l’erreur inhumaine se reproduise. Heureusement que ce bâtiment n’a pas été détruit bêtement, comme le mausolée :
« En 1999, date de sa destruction à l’explosif, le mausolée était un des rares bâtiments en son genre dans le monde, et certains, comme Mme Yossifova, regrettent sa disparition : « Il aurait pu être transformé en musée de l’art socialiste ».
– Les quatre premières admises – « (…) à la différence de 1893, quand une décision d’admettre des femmes – deux en particulier, les sœurs Ethel et Bessie Charles – fut rejetée. La première cohorte de quatre personnes – Ruth Lowy, Winifred Ryle, Irene Graves et Gillian Cooke (…) » (cf. nos silhouettes de une)
« Denise Scott Brown aux jeunes femmes architectes, mais aussi aux femmes en général : pour arrêter de se heurter au plafond de verre, il nous faut plus de conscience féministe. Sanela Dizdar »
Musée architecturo-ethnographique avec les femmes – Архитектурно-етнографски музей с жени ! Quant aux Bulgares – Espérons que dans le Musée-Parc de Chipka-Buzludja et son « hamburger »*, aucune architecte balkanique de cette époque révolue ne sera oubliée en muséographie…
C. G.
Notes __________
« Пет века ужаси, убийства и кланета, пет века в дим и смрад потънали светини, пет века с топла кръв обливани полета
Velicko Vălčev, Ivan Vazov et les traditions démocratiques dans la littérature bulgare, Revue des Études Slaves Année 1988 60-2 pp. 467-474 : Tome 60, fascicule 2. En hommage à Roger Bernard : Études bulgares [sous la direction de Jack Feuillet] https://www.persee.fr/doc/slave_0080-2557_1988_num_60_2_5765 Note p. 470, Ivan Vasoff, Under the yoke, 1894
*La salle du parti communiste est également surnommée par les taquins, la soucoupe volante ou le hamburger de Buzludja – Хамбургера на Бузлуджа – Национален парк-музей Шипка-Бузлуджа (Musée-Parc Chipka-Buzludja)
Christine Gamita, Ph. D. Ethnologie ex-ingé consultant management de la qualité études et services informatiques, systèmes d'information, systèmes informatiques
Premières diplômées en architecture dans le monde[Illus...1]
Note de fin
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"Plancher sur quelque chose", travailler dessus, rendre visible.... http://www.ledifice.net/3159-2.html
A l’occasion de mon voyage à Pemba, Cabo Delgado, en 1990 et d’une virée sur une île isolée de l’Archipel des Qirimbas, je m’étonnais de visages de blanc enduits, sans cérémonie.
J’y découvris aussi la manière de confectionner à partir de bouts de bois écorcés, râpés sur pierre par la tranche sans se rêler, la base très simple de ce badigeon de beauté fait pour se protéger des dards solaires par lesMakhuwa.
« Le msindanu (aussi appelé mussiro, m’zindzano ou n’siro selon les régions) possède diverses propriétés : il protège la peau des femmes du soleil et des insectes lorsqu’elles travaillent aux champs, purifie les peaux acnéiques, élimine les boutons, unifie le teint, réduit les tâches sur le visage et les rides. On dit aussi que les femmes l’appliquent après l’accouchement pour raffermir la peau de leur ventre. »
Mais aussi, il est rapporté que cela faisant partie de l’attirail de vigilance menstruelle, notamment par une enquête de 2007 à Ibo (voir Ill. 7). Ce qui expliquerait qu’aucun homme n’en fasse usage en travestissement.
Bien qu’ayant résidé à Gilé, région Lomwé du district de Alta Zambezia, où tous étaient unanimes à prétendre qu’ascendants des Makhuwa partis vers la côte et le district de Nampula – Les Macua de Nampula de leur côté désignent les Lomué en arriérés du bush… -, je n’y ai jamais vu en trois ans de mussiro à aucune occasion.
Mon chéri d’alors, très vexé que je demande à essayer, fit quant à lui grise mine et ne décoléra pas. Il ne m’en dit jamais clairement la raison sauf à ronchonner que ce serait dégradant -Un de ses leitmotiv de famille prétendue princière shanghaan du Sud du pays- Serait-ce donc vu en coutume « paysanne » des « sauvages » du Nord ?
Comme vous ne l’ignorez pas une partie de la population noire malgache est constituée des Makoa, issue des déportations d’esclaves de la cBourbonôte mozambicaine septentrionale, soit des Lomwé / Makhuwa tout bonnement embarqués à Quelimane ou sur l’Ile de Moçambique.
« D’abord, nos grands-mères peignaient une jeune fille quand elle était vierge. (…) Après, c’était pour devenir blanches, jusqu’à ce que vienne un galant pour flirter et se marier avec elles, et alors elles arrêtaient le mussiro. Seulement par la suite pour faire ce mussiro Seulement après, elles utilisent le mussiro pour l’extérieur, pour être blanche, s’embellir le visage. Voilà le mussiro. La plante est dans le mato. Quand nous allons nous chercher un mari, les aïeules vont en couper et commencent à en vendre. Maintenant je vais vous montrer comment nous fabriquons ce mussiro. »
Parenthèse au sujet des masques Mapiko des hommes Makonde
Plus au Nord, plus rigide et plus sombre taillé de bois dur, de corps ou de tête, qui participe de rituels de passage de classe d’âge, d’enfance à femme et homme nubile.
Hormis le terme employé de « masque », peu de points communs avec celui de pâte de bois Makhuwa. Les dents limés et scarifications Makonde restent impressionnantes. Mon premier contact sur le Lily T, bateau de transport de passagers le long de tout le Canal du Mozambique lorsque je m’aventurais au Nord encore en guerre civile, m’a laissé un souvenir impérissable
Revenons à nos futiles préoccupations de recettes de beauté. Rien de plus facile, bout de bois et pierre rêche, et deux gouttes d’eau. Tenez nous au courant de vos mises en pâte.
Notes
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*Beau masque = Bela máscara -prononcer bella mache-cara (cara, visage)- Titre propre en « enduire » en erreur, puisque signifiant « masque », alors que le mascara français, ou rimmel, se dit en portugais, rímel – Le Mozambique, où se râpe ce beau masque, est un pays lusophone-
A propos de la matière première de fabrication – Olax « Arbuste ou petit arbre à cime arrondie. Feuilles étroitement ovales, vert vif, sans poils, souvent un peu tombantes.Fleurs axillaires, solitaires ou à grappes très rares, blanches, délicatement parfumées. Fruit couronné au style persistant et presque enveloppé par le calice élargi, rouge à maturité. » https://www.mozambiqueflora.com/speciesdata/species.php?species_id=121560
« Pintava primeiro uma pessoa quando era virgem. (…) Depois pintava este mussiro para ficar branca, até vir um namorado para namorar e casar-se com ela é que deixava mussiro. Só depois, para fazer assim este mussiro, depois uma pessoa quando está fora para ficar clara, para ficar bonita a cara. É este o mussiro. A planta está no mato. Nós costuma ir buscar nossos marido, o bisavô vão cortar e isto começa aí vender. Agora vou mostrar a maneira como se faz este mussiro. » Sara Moreira, Moçambique: Porque Cobrem as Mulheres a Face com Máscaras Tradicionais Mussiro ?, 1er août 2012 https://pt.globalvoices.org/2012/08/02/mocambique-porque-cobrem-as-mulheres-a-face-com-mascaras-tradicionais-mussiro/
-[Ill. 5] Masque-tête d’ancêtre Samora Machel – cf. Paolo Israel, « Déchirures et rumeurs », Cahiers d’études africaines, 189-190| 2008 : Territoires sorciers Rumeurs et chasse aux sorciers, La chasse au sorcier et l’héritage idéologique de la révolution socialiste au Mozambique (Muidumbe, 2002-2003)p. 209-236 https://journals.openedition.org/etudesafricaines/10472
-[Ill. 7] Carte de répartition linguistique du Mozambique. Bérengère Claquin. Approche culturelle des communautés de pêcheurs traditionnels et mise en tourisme des îles du Mozambique. Géographie. Université de la Réunion, 2008 http://www.academia.edu/35738251/CHANO-MEMOIRE_MASTER_2.docx